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Dormir pour mieux mémoriser

Dormir pour mieux mémoriser

Avec l’âge, les capacités de mémorisation des apprentissages diminuent et parfois s’effondrent. On le sait, et beaucoup le vivent. Mais sait-on que notre sommeil contribuerait à expliquer cette dégénérescence? C’est ce que soutiennent des chercheurs du Centre d’études avancées en médecine du sommeil de l’Université de Montréal. Et leurs résultats pourraient bien amener de nouvelles réponses quant à l’apparition de la démence associée au vieillissement.


Ondes courtes et démence

Depuis de nombreuses années, Julie Carrier, chercheure au centre, s’intéresse aux effets de l’âge sur le sommeil. Plus particulièrement, c’est le stade du sommeil lent qui constitue 75% de notre temps de repos, qui l’a interpelée, et avec raison : « C’est le stade de sommeil qui change le plus avec le temps, sa composition se modifiant tout au long de la vie », justifie-t-elle.

Le sommeil lent est caractérisé par deux types d’oscillations : les grandes ondes lentes et les fuseaux de sommeil. Les premières se produisent lorsque le sommeil est le plus profond et lorsque l’activité de nos neurones est à son plus bas. Les fuseaux de sommeil, quant à eux, sont des trains d’ondes très courtes (moins d’une seconde!) qui apparaissent durant le sommeil lent de façon sporadique.

Ce sont ces ondes courtes qui ont mobilisé ces chercheurs en sommeil, parce que ce sont elles qui permettent la consolidation des apprentissages. « On s’est aperçu que le renforcement des traces mnésiques (relatives à la mémoire) se produisait lors du sommeil lent et qu’il était de beaucoup rattaché aux fuseaux de sommeil », mentionne Julie Carrier. Malheureusement, le processus normal de vieillissement entraîne la perte d’un nombre important de ces oscillations.

Julie Carrier et son équipe se sont demandés si cette perte avait un impact sur la capacité du cerveau à renforcer des apprentissages au cours du vieillissement. « La réponse, c’est oui», affirme sans équivoque la chercheuse, « il est clair que le sommeil devient moins efficace dans sa capacité à renforcer les connexions cérébrales nécessaires à la mémorisation ».



Plus qu’une diminution de la capacité de mémorisation, les fuseaux de sommeil pourraient même agir à titre d’indicateurs quant à l’apparition de la démence lors du vieillissement.

Par exemple, une étude assurant le suivi de 70 patients atteints de Parkinson qui ne souffraient pas de démence a révélé des résultats surprenants cinq ans plus tard. « Lors d’une nouvelle évaluation, les 18 patients qui avaient développé de la démence avaient beaucoup moins de fuseaux de sommeil au départ », explique Julie Carrier. « On a donc prédit la démence cinq ans avant la maladie en observant les fuseaux de sommeil ».

Des problèmes qui en entraînent d’autres

Même si la perte de ces ondes lors du vieillissement est un processus normal, des facteurs aggravants ont été identifiés. Entre autres, certains troubles du sommeil non traités, comme l’apnée du sommeil, caractérisé par l’arrêt ou le ralentissement du flux respiratoire, semblent associés à un risque accru de démence.

Heureusement, les conséquences ne sont pas irréversibles. Chez des patients diagnostiqués pour un trouble léger de la cognition, certains souffraient également d’apnée du sommeil. « En traitant ce trouble respiratoire, le niveau de cognition augmentait de manière telle qu’il n’y avait même plus de diagnostic de trouble léger de la cognition », se réjouit Mme Carrier.

Depuis, la chercheure tente donc de faire intégrer le sommeil dans les groupes de recherches qui étudient la démence. Elle est convaincue que l’union de ces deux domaines permettra d’éclaircir le lien entre la formation de cette maladie et le sommeil.



Sources : acfas.ca et Laurie Noreau

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